Le dialogue inclusif constitue-t-il une porte de sortie de la crise en RDC ?
Depuis son accession à l’indépendance, la République démocratique du Congo a connu plusieurs processus de dialogue et de concertation visant principalement à résoudre les crises politiques, renforcer la cohésion nationale et organiser les élections, estimés à 58, dont 5 sont réputés être inclusifs du fait qu’ils avaient réuni uniquement les fils et filles du pays.
Le tout premier dialogue, appelé « le conclave de Lovanium », a eu lieu en 1961, peu après l’assassinat de Patrice Emery Lumumba. Ce conclave de Lovanium avait pour mission principale de réunir les différentes factions sécessionnistes et de créer un gouvernement d’union nationale.
Arrivé en 1991, le maréchal Mobutu va, à son tour, convoquer un dialogue nommé « la Conférence nationale souveraine », et l’objectif poursuivi était de pacifier et démocratiser le Zaïre.
Arrivée en 2002, la République démocratique du Congo va connaître, une fois de plus, un dialogue qualifié d’intercongolais, à Sun City, qui avait réuni le gouvernement de Joseph Kabila, les terroristes du RCD, du MLC et l’opposition. La mission poursuivie par ledit dialogue fut de mettre fin à la deuxième guerre du Congo.
L’avènement de la 3ᵉ République ne va pas marquer la différence. Contre toute attente, la 3ᵉ République va emboîter le pas des règnes précédents avec un nombre exorbitant de dialogues, dont deux ont marqué l’histoire, d’où nous avons les Concertations nationales convoquées par le président Joseph Kabila en 2013. Ces Concertations nationales avaient pour objectif de renforcer la cohésion nationale face à la guerre des terroristes du M23. Elles seront suivies du célèbre dialogue de la Cité de l’UA, appelé autrement l’Accord de la Saint-Sylvestre. Sous la médiation de la CENCO, cet accord poursuivait la quête d’un cadre propice pouvant permettre la négociation d’une transition politique pacifique.
Contre toute attente, ces dialogues n’avaient pas abouti à un résultat escompté et durable, et cela, à la suite de la volonté délibérée des acteurs politiques de ne pas respecter les résolutions issues de ces dialogues. Un non-respect motivé par la frustration qui prend toujours place dans les chefs de certains acteurs politiques après chaque dialogue.
À cet effet, nous avons réalisé que le problème n’est pas que le dialogue soit inclusif ou pas, mais que le plus grand problème est l’incapacité de l’homme politique congolais à respecter les résolutions issues d’un dialogue. Puisque, si nous étions de nature à respecter les résolutions, nous ne chercherions pas de temps en temps des dialogues, si nos textes de loi sont réputés être les meilleurs.
Jonathan Ndaye, président du mouvement citoyen Jeunes Défenseurs de la République